Maux de dos ? Surtout, continuez à bouger !

Maux de dos ? Surtout, continuez à bouger !

02 décembre 2021

La pandémie de coronavirus a provoqué une recrudescence de maux de dos. Là aussi, on peut parler d’une véritable épidémie. Mais aujourd’hui, il est scientifiquement prouvé que c’est l’activité physique qui permet de mieux soulager le mal, et non pas de rester au repos le plus possible. Alors, sortez et bougez !

Les chiffres ne mentent pas : 80 % des personnes souffrent occasionnellement de maux de dos et un peu plus de 40 % de la population en est affectée chaque année. A présent, des médecins de différentes disciplines s'associent pour s'attaquer à la base du problème. Déterminer le traitement approprié nécessite tout d’abord de savoir si le mal du dos s’accompagne de douleurs qui irradient ou d’une faiblesse musculaire.

La cause : généralement, un concours de facteurs

Le spécialiste tente, en analysant les réponses à des questionnaires, de déterminer les causes du mal. Il s’agit généralement d’un concours de différents facteurs, chacun ayant des effets limités mais cumulatifs. En premier lieu, il y a la posture : trop sédentaire, elle réduit la masse musculaire, mais aussi l’endurance.  Ensuite, il y a le surmenage physique. Il s’accompagne souvent de stress et de fatigue. Enfin, le corps peut présenter des faiblesses, par exemple une colonne vertébrale trop courbe (scoliose) ou des malformations au pied ou au genou, qui peuvent conduire assez rapidement à des maux de dos.

Davantage de maux de dos durant la pandémie de coronavirus

Durant la crise sanitaire, les médecins ont vu émerger un nouveau phénomène. Les gens avaient subitement plus de temps pour marcher tous les jours et se lancer dans de grandes promenades. Mais certaines structures dans notre corps, comme les tendons, ont besoin d’un certain temps d’adaptation à cette nouvelle situation. À défaut, ils peuvent devenir douloureux.

Mais les médecins ont observé également une plus grande fréquence des maux de dos parce que les gens à domicile ne travaillaient pas sur le même siège qu’au bureau, ou utilisaient un ordinateur portable plutôt qu’un ordinateur fixe. Pour certaines personnes, le télétravail a eu aussi pour effet une diminution de l’activité physique. Se rendre au travail et en revenir chaque jour (en transport en commun) représente, mine de rien, un effort physique non négligeable. On multiplie en effet les occasions de marcher : pour aller la gare, à l’arrêt de métro/bus/tram, ensuite pour aller à une réunion/dans le bureau d’un collègue, à la cantine, etc. Chez eux, les gens sont surtout restés assis devant leur ordinateur. Si les gens coopèrent, il est beaucoup plus facile pour nous, soignants, de remédier à ces situations.

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L’état mental freine le rétablissement physique

Une douleur reste toujours également un phénomène subjectif. Il est possible ainsi qu’une frustration à l’égard de sa situation personnelle provoque des maux de dos. Le lien entre cet état mental et la douleur physique n’est souvent pas clair pour le patient.

Un médecin part de ce que lui raconte le patient. Pour déterminer le meilleur traitement, nous examinons donc aussi dans quelle mesure le patient s’est déjà fait une idée de ce qui l’attend. Nous constatons souvent qu’il s’est laissé convaincre par d’autres que seule une opération ou une injection pourra le débarrasser de ses maux de dos.

Il est souvent très difficile passer outre ces représentations erronées. Le succès d’un traitement requiert en effet en premier lieu l’implication active du patient : afin qu’il reprenne confiance en son dos, il doit s’astreindre à des exercices physiques réguliers. Ce qui exige un déclic mental de la part du patient. Chez certains, il est rapide, chez d’autres, il prend plus de temps. Ainsi, le rétablissement peut se dérouler très différemment chez deux patients souffrant pourtant des mêmes douleurs physiques

Du repos ? Ah non, du mouvement !

De nombreuses personnes entendent dire que des maux de dos se soignent par le repos complet. Prenez une hernie discale. Durant ma formation, des neurochirurgiens m’apprenaient qu’elle se guérissait en restant allongé dans son lit, les jambes en hauteur, durant dix jours. Une telle perspective ne peut qu’effrayer les gens. Et, au passage, ils perdront aussi de la masse musculaire.  

Un joueur de basket dont la cheville est tordue et gonflée a mal, mais généralement revient rapidement sur le terrain malgré la douleur. Pour le dos, on réagit différemment parce qu’« il s’agit tout de même d’une partie fragile de mon corps ». Eh bien non. Un os fracturé met plus d’un an à guérir complètement, et pourtant on peut généralement marcher dessus sans plâtre déjà après six semaines.

Nous disposons à présent de preuves scientifiques en suffisance pour recommander aux gens souffrant d’une hernie – sans douleurs irradiantes ni perte de masse musculaire – de continuer à vivre et à bouger le plus normalement possible.

Approche multidisciplinaire des maux de dos

Les maux de dos ont souvent différentes causes. Pour s’y attaquer, il vaut toujours mieux mettre en place une collaboration entre médecins de différentes disciplines. La diversité des expertises permet d’établir un diagnostic plus correct et un traitement sur mesure. Cette collaboration permet aussi d’éviter de renvoyer les patients d’un spécialiste à l’autre, mais aussi de communiquer de manière uniforme à propos des maux de dos. Le patient peut ainsi bien appréhender la problématique et les suites à lui donner. Dans les soins de santé actuels, cette collaboration interdisciplinaire n’est pas facile à mettre en place parce que chaque spécialiste développe encore ses réflexions à partir de sa propre expertise.

Toutes les deux semaines, le vendredi, le service de médecine physique et de revalidation organise une consultation pour les personnes souffrant de problèmes de dos, après une première consultation avec l'expert du dos du service d'orthopédie.

Rendez-vous au service d'Orthopédie

Dr. Marc Schiltz Dr. Marc Schiltz
Dr. Marc Schiltz
Responsable du service de Médecine physique & réadaptation
Le dr Marc Schiltz est responsable du service de Médecine physique & réadaptation. Il est principalement spécialisé dans la traumatologie et médecine du sport.

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