Suivi individuel ou en groupe : quelle formule privilégier ?

13 août 2026

Les traitements contre le cancer ne cessent d’évoluer, ce qui améliore les taux de survie. C’est une excellente nouvelle pour les patients. Mais cette évolution a aussi un revers. La radiothérapie et certaines chimiothérapies peuvent augmenter le risque d’effets secondaires au niveau du cœur et des vaisseaux sanguins. Un suivi cardiologique à long terme peut donc s’avérer nécessaire. Depuis 2025, l’UZ Brussel propose notamment ce suivi sous la forme de consultations de groupe.

 

Une idée inspirée du suivi de grossesse 

Le concept des consultations de groupe n’est pas nouveau. En 1995, la sage-femme américaine Sharon Schindler Rising a développé un modèle de soins destiné aux femmes enceintes, afin de mieux répondre aux besoins des patientes et des professionnels de la santé. 

Ce concept a ensuite été introduit en Belgique. À l’UZ Brussel, cette approche est déjà utilisée dans le cadre du suivi de grossesse. En 2025, l’UZ Brussel a également lancé un projet pilote destiné aux personnes atteintes d’un cancer du sein. 

« Beaucoup de personnes atteintes d’un cancer se posent des questions », explique la Dr Berlinde von Kemp, cardio-oncologue. « Elles bénéficient d’un excellent accompagnement auprès de leur oncologue pour tout ce qui concerne le cancer. Mais certains traitements nécessitent également un suivi par un cardiologue. » 

Ce suivi suscite souvent de nouvelles questions. « Que puis-je encore faire ? À quoi dois-je être attentive ou attentif ? Que puis-je changer moi-même ? Certaines personnes se sentent seules face à ces questions. Le Group Care peut alors constituer un complément précieux. » 

Six séances 

Le programme Cardio-Onco Group Care comprend six séances de 2 h 30, réparties sur environ trois mois. Chaque groupe réunit six à dix personnes atteintes d’un cancer du sein, âgées de 30 à 75 ans. Les participants peuvent se trouver à différentes étapes après leur traitement oncologique. 

Les séances sont animées par la psychologue clinicienne Emma Deserrano et l’infirmier Pieter-Jan Goossens. Chaque rencontre s’articule autour de trois volets : 

  • le suivi médical ; 

  • l’apprentissage interactif ; 

  • la prise en charge de sa santé, la confiance en soi et le renforcement du réseau social. 

« Nous commençons toujours par le suivi médical », explique Pieter-Jan Goossens. « Les patients apprennent, par exemple, à mesurer eux-mêmes leur tension artérielle, à prendre leur pouls et à vérifier la présence éventuelle d’un gonflement des chevilles. J’examine ensuite les résultats et je vérifie qu’ils sont corrects. » 

Les séances abordent également les taux de cholestérol, la glycémie ainsi que les questions concernant les explications données par le cardiologue. 

« Lorsqu’un examen complémentaire est nécessaire, nous veillons à ce que le patient soit rapidement orienté vers le spécialiste adéquat. Nous collaborons également étroitement avec des diététiciens, des onco-coachs et des kinésithérapeutes afin de fournir des informations fiables et de répondre aux questions qui émergent au sein du groupe. » 

Apprendre à prendre soin de sa santé 

Après le volet médical, place à une approche interactive et axée sur le coaching. Les participants découvrent le fonctionnement du cœur et apprennent à reconnaître les signes d’alerte d’un problème cardiaque, en tenant compte des différences entre les femmes et les hommes. Ils reçoivent également des explications sur les effets possibles de la chimiothérapie et d’autres traitements sur le cœur et les vaisseaux sanguins. 

« Nous accordons aussi une grande importance à la prévention », explique Emma Deserrano. « Grâce à des méthodes d’apprentissage interactives adaptées, nous abordons l’activité physique, une alimentation et un mode de vie sains, ainsi que les défis psychosociaux. Lors d’une consultation classique, le temps manque souvent pour traiter ces aspects. » 

Ce manque de temps a d’ailleurs été l’une des raisons qui ont conduit le service de cardio-oncologie à mettre en place les consultations de groupe. 

« Lors d’une consultation classique, l’accent est surtout mis sur les examens médicaux », explique la Dr von Kemp. « Il s’agit notamment de l’examen clinique, de l’électrocardiogramme et de l’échographie cardiaque. » 

Il reste alors moins de temps pour les explications et l’accompagnement. « Pourtant, le bien-être, la qualité de vie et la prévention sont essentiels. En abordant ces thèmes en petits groupes, nous pouvons mieux répondre aux questions des patients. » 

Renforcer la confiance et l’autonomie 

Selon la Pr Katrien Beeckman, responsable Innovation au Département des soins aux patients, l’autonomie est au cœur du modèle Group Care. 

« Nous aidons les participants à renforcer leur confiance en eux et à devenir davantage acteurs de leur santé. Lors de chaque consultation de groupe, nous abordons des thèmes qui sont importants pour eux. » 

Les consultations de groupe ne se limitent pas au partage d’informations. Elles permettent aussi d’échanger des expériences. 

« Les participants découvrent comment d’autres font face à certaines situations. Cela peut les aider à adapter leur mode de vie, à mieux suivre leur état de santé et à poursuivre leur traitement dans de bonnes conditions. » 

Un cadre bienveillant et sécurisant 

À ce jour, plus de quatre cycles de consultations de groupe ont déjà été organisés. Les premiers retours des patients et des professionnels de la santé sont très positifs. 

« Environ 75 % des personnes que nous invitons participent au programme », précise Emma Deserrano. « Le score moyen de satisfaction dépasse largement 8 sur 10. » 

Les participants sont sélectionnés en concertation avec le cardiologue, l’oncologue, la psychologue et le personnel infirmier. Emma Deserrano et Pieter-Jan Goossens assurent eux-mêmes l’animation des séances. 

« L’ambiance est calme et conviviale », souligne la Pr Beeckman. « Tout le monde est installé en cercle et personne ne porte de blouse blanche. » 

Même des sujets plus délicats, comme les relations ou la sexualité, peuvent être abordés. 

« On ne peut parler de ces thèmes que lorsque l’on se sent en sécurité au sein du groupe. » 

Un accompagnement également après le traitement 

Jusqu’à présent, les participants étaient principalement des personnes suivant un traitement actif à l’UZ Brussel. 

« Mais les personnes dont le traitement est terminé depuis plus longtemps sont elles aussi les bienvenues », souligne Pieter-Jan Goossens. « Elles peuvent encore avoir besoin d’un suivi cardiologique et d’un accompagnement pour adopter un mode de vie sain. » 

Un bénéfice avant tout pour le bien-être et la qualité de vie 

Selon la Pr Beeckman, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives quant aux bénéfices sur la santé. 

« Le traitement médical ne change pas. Nous ne nous attendons donc pas à une amélioration majeure des résultats médicaux. » 

La principale valeur ajoutée se situe ailleurs. 

« Il s’agit avant tout d’aider les patients à prendre soin de leur santé, de promouvoir la prévention et d’encourager un mode de vie sain. Les consultations de groupe peuvent les aider à mieux prendre en main leur santé et à améliorer leur qualité de vie. » 

À l’avenir, les patients pourront peut-être choisir eux-mêmes la manière dont ils souhaitent organiser leur suivi. Les consultations individuelles resteront essentielles, mais une partie du suivi pourra être complétée par des consultations de groupe, avec une attention particulière portée à la prévention et à la prise en charge de sa santé. 

Des questions sur le programme Group Care ? Écrivez-nous à groupcare.cardio-onco@uzbrussel.be