Le coût sociétal de la démence en Belgique est estimé à 4,1 milliards d’euros par an

24 juillet 2026

En Belgique, le coût sociétal de la démence est estimé à 4,1 milliards d’euros par an. Près de 60 % de ce montant est lié aux soins non rémunérés assurés par les partenaires, les membres de la famille, les amis et les autres aidants proches. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude internationale publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease, à laquelle a également collaboré le professeur Sebastiaan Engelborghs de l’UZ Brussel et de la Vrije Universiteit Brussel.

 
Cette étude s’inscrit dans le projet européen Cost of Illness in Neurology in Europe, ou COIN-Eu, de l’European Academy of Neurology. L’équipe de recherche internationale a combiné les données de 45 études européennes consacrées aux coûts de la démence avec les chiffres de prévalence issus de l’étude Global Burden of Disease.

En 2019, environ 8,8 millions de personnes vivaient avec une démence dans les 30 pays européens à revenu élevé analysés. Le coût sociétal total y atteignait 221,4 milliards d’euros par an. Les soins informels représentaient 58 % de ce montant.

Les aidants proches assument la majeure partie du coût en Belgique

Pour la Belgique, l’étude estime qu’environ 196 000 personnes vivaient avec une démence en 2019. Le coût sociétal annuel était évalué à 4,14 milliards d’euros, soit une moyenne de 21 200 euros par personne atteinte de démence. Ce montant correspond à environ 1,1 % du produit intérieur brut belge.

Sur le coût total estimé pour la Belgique, environ 2,48 milliards d’euros étaient imputables aux soins informels. Il s’agit de soins non rémunérés assurés par les partenaires, les membres de la famille, les amis et les autres aidants proches. Ces soins comprennent notamment l’aide à la toilette, à l’habillage, aux repas ou à la prise de médicaments, mais aussi les courses, les déplacements et les démarches administratives. Les coûts directs, qui incluent les soins professionnels médicaux et non médicaux, étaient estimés à 1,67 milliard d’euros. Les pertes de productivité ne représentaient qu’une faible part du coût total.

« Ces chiffres mettent en lumière une réalité qui reste souvent invisible : près de 60 % du coût sociétal de la démence en Belgique est supporté en dehors des soins professionnels, principalement par les partenaires, les enfants et les autres proches qui assurent un accompagnement, une aide quotidienne et une présence régulière. Leur contribution mérite non seulement d’être reconnue, mais aussi de bénéficier d’un soutien structurel », explique le Pr Sebastiaan Engelborghs, chef du service de neurologie de l’UZ Brussel et professeur ordinaire à la Vrije Universiteit Brussel.

Investir à la fois dans les traitements et dans ​ l’accompagnement

L’impact sociétal de la démence ne se limite pas à son coût financier. L’accompagnement prolongé d’une personne atteinte de démence peut également peser sur la santé physique et mentale, la vie sociale et les activités professionnelles des proches.

Selon les auteurs de l’étude, les conséquences croissantes de la démence nécessitent dès lors une approche globale. Outre un diagnostic précoce et précis, la prévention et la recherche de nouveaux traitements, il reste essentiel de garantir des soins à domicile accessibles, un accompagnement psychosocial ainsi qu’une formation et un soutien adaptés aux aidants proches.

« Nous ne devons pas opposer l’innovation médicale au soutien dans les soins », souligne le Pr Engelborghs. « Nous avons besoin de traitements permettant aux personnes de rester autonomes le plus longtemps possible, mais aussi d’un système de soins qui accompagne les patients et leurs proches à mesure que leur besoin d’aide augmente. »

De nouveaux traitements contre la maladie d’Alzheimer peuvent ralentir la progression de la maladie à un stade précoce. L’étude n’a toutefois pas examiné directement s’ils permettent également de réduire les coûts sociétaux aux stades plus avancés. Les scientifiques soulignent que des études complémentaires fondées sur des données issues de la pratique quotidienne seront nécessaires pour répondre à cette question.

À propos de l’étude

L’étude intitulée « The economic burden of dementia in Europe: COIN-Eu dementia » a été menée par une équipe de recherche internationale dans le cadre du projet COIN-Eu de l’Académie européenne de neurologie. Mateo Montes-Martinez en est le premier auteur. Richard Dodel en est l’auteur correspondant.

L'étude a été réalisée à la demande de l’European Academy of Neurology et a bénéficié d'un financement complémentaire de la Fondation Lundbeck. Selon la publication, les organismes de financement n’ont joué aucun rôle dans la conception de l’étude, la collecte et l’analyse des données, l’interprétation des résultats ni la décision de publier.

Le professeur Sebastiaan Engelborghs est co-auteur au nom du service de Neurologie et de Bru-BRAIN de l’UZ Brussel, ainsi que du NEUR Research Group du Centre des neurosciences de la VUB.

Référence scientifique

Montes-Martinez M, Welter LS, Boon P, et al. The economic burden of dementia in Europe: COIN-Eu dementia. Journal of Alzheimer’s Disease. Publié en ligne le 14 juillet 2026. doi : 10.1177/13872877261465575.