Une nouvelle étude évalue un traitement plus efficace de la capsulite rétractile
03 août 2026La capsulite rétractile, aussi appelée « épaule gelée », provoque une douleur importante et une raideur de l’épaule. Elle touche principalement les femmes de plus de 35 ans. Le diabète et la maladie de Parkinson constituent également des facteurs de risque. Avec l’étude Frostblock, l’UZ Brussel cherche à déterminer quels patients obtiennent de meilleurs résultats grâce à une combinaison de deux injections.
Une douleur qui perturbe le sommeil
Les douleurs à l’épaule sont souvent dues à une surcharge. Dans le cas d’une capsulite rétractile, ce n’est généralement pas le cas. Cette affection touche plus souvent l’épaule du côté le moins dominant. Elle est également plus fréquente chez les personnes exerçant une profession sédentaire.
« On peut comparer cette sensation à celle d’un pull qui a rétréci au lavage et que l’on essaie malgré tout d’enfiler », explique le Pr Marc Schiltz, médecin spécialiste en médecine physique et revalidation. « Dans la plupart des cas, on ne connaît pas l’élément déclencheur. Un faux mouvement ou un léger traumatisme peut parfois suffire. »
La cause n’est souvent pas clairement identifiable. En revanche, une importante réaction inflammatoire se développe au niveau de l’articulation de l’épaule. La capsule articulaire devient davantage vascularisée, se rétracte et se rigidifie. L’épaule devient alors très douloureuse et il devient de plus en plus difficile de la mobiliser.
Chez de nombreux patients, la capsulite rétractile disparaît spontanément. Ce processus peut toutefois durer jusqu’à deux ans. « Cette affection n’est pas grave en soi, mais elle a un impact important sur la qualité de vie », précise le Pr Schiltz. « Les patients dorment souvent mal chaque nuit. Le traitement vise donc avant tout à soulager rapidement la douleur et à leur permettre de reprendre plus vite leurs activités quotidiennes. »
Deux injections sont-elles plus efficaces qu’une seule ?
L’UZ Brussel a lancé l’étude Frostblock afin d’améliorer le traitement de la capsulite rétractile. Les antidouleurs classiques sont généralement peu efficaces. Au début de la maladie, la kinésithérapie est également difficile, car les tissus sont très sensibles et les exercices de mobilisation apportent encore peu de bénéfices.
C’est pourquoi des injections sont souvent utilisées. Il en existe deux principaux types. La première consiste en une injection intra-articulaire de corticostéroïdes, de puissants anti-inflammatoires. La seconde est un bloc du nerf suprascapulaire, qui anesthésie le nerf responsable d’environ deux tiers de la sensibilité de la capsule articulaire.
Les deux injections sont réalisées sous contrôle échographique afin de guider précisément l’aiguille. De nombreuses études ont déjà démontré l’efficacité de chacune de ces techniques lorsqu’elles sont utilisées séparément. En revanche, on sait encore peu de choses sur les effets de leur association.
« Un plus un, est-ce égal à deux, à moins de deux ou à plus de deux ? C’est ce que nous voulons déterminer grâce à cette étude », explique le Pr Schiltz.
Tous les participants reçoivent une injection classique
Tous les participants reçoivent d’abord l’injection intra-articulaire classique de corticostéroïdes. Ils reçoivent ensuite une seconde injection. Ni le patient ni le médecin ne savent quelle variante est administrée.
Il peut s’agir d’un bloc nerveux de courte durée, dont l’effet persiste quelques heures, ou d’un bloc nerveux de plus longue durée. À l’aide de questionnaires, les chercheurs évaluent ensuite la rapidité d’action du traitement ainsi que la durée du soulagement de la douleur.
« Lors de la première consultation de suivi, nous n’avons souvent même pas besoin de poser la question », explique le Pr Schiltz. « Les patients nous racontent spontanément comment leur douleur a évolué. »
Un diagnostic basé sur les symptômes et l’examen clinique
Le diagnostic d’une capsulite rétractile repose essentiellement sur les symptômes et l’examen clinique. Des examens d’imagerie ne sont généralement pas nécessaires.
Les principaux signes sont une douleur à l’épaule qui persiste depuis plus d’un mois et qui s’intensifie pendant la nuit. Une limitation importante des mouvements dans toutes les directions est également caractéristique.
Une prise en charge précoce est importante. Chez les patients traités dans les premiers mois suivant le diagnostic, les injections donnent généralement de meilleurs résultats. Leur efficacité diminue souvent lorsque le traitement débute plus d’un an après l’apparition des symptômes.
Au début de son évolution, une capsulite rétractile peut ressembler à d’autres problèmes de l’épaule. Pourtant, une intervention précoce peut faire toute la différence. Une personne qui a déjà souffert d’une capsulite rétractile présente également un risque accru d’en développer une à l’autre épaule. Environ 20 % des patients sont concernés dans les cinq ans.
Un traitement plus rapide et un suivi à long terme
L’UZ Brussel recherche actuellement des participants atteints d’une capsulite rétractile pour l’étude Frostblock. La prise en charge proposée dans le cadre de cette étude diffère peu du traitement habituel. Des plages de consultation spécifiques sont toutefois réservées aux participants, ce qui leur permet d’être reçus et traités plus rapidement.
Après les injections, l’équipe soignante assure un suivi après un mois, trois mois, six mois et un an. À chaque consultation, les participants complètent un court questionnaire portant sur leur douleur et sur les activités qu’ils peuvent à nouveau réaliser avec leur épaule.
Les médicaments utilisés sont employés depuis une cinquantaine d’années et sont autorisés en Europe. Chez les personnes atteintes de diabète, les corticostéroïdes peuvent entraîner une augmentation temporaire de la glycémie. L’équipe soignante en tient compte tout au long du traitement.
Qui peut participer ?
Les participants doivent remplir les conditions suivantes :
-
être âgé de plus de 35 ans ;
-
ne pas avoir subi de traumatisme ou d’intervention chirurgicale à l’épaule ;
-
ne pas présenter d’antécédent de maladie neurologique, comme un AVC ;
-
comprendre le français ou le néerlandais ;
-
accepter de compléter un court questionnaire après chaque consultation.
Les personnes atteintes de diabète, de la maladie de Parkinson ou de troubles de la thyroïde peuvent également participer à l’étude.
Prendre rendez-vous
Service de médecine physique et revalidation. Tél. : +32 2 477 60 20